Seconde guerre mondiale

1939

  Autre "apanage" de la Promotion: la Marne et Verdun verra son "Pékin de Bahut"( la fin des études) s'ouvrir sur la guerre.

Carte postale adressée à ses parents
Commandant de l'Ècole, le général Lucien invite la promotion à "faire face à l'Est et à prendre ses résolutions."

  À la joie d'entrer dans la carrière et de connaître "l'Amphi de garnison" se mêle le chagrin de perdre son père, lequel, épuisé par la maladie, meurt le 19 août 1939.

  Sorti sine gloria et superbia avec le n° 378, il est nommé sous-lieutenant le 22 août et le 25 affecté au 24e Régiment de Tirailleurs Tunisiens, à Fontenay-le-Comte. Durant la "drôle de guerre", il sert comme chef de section de mitrailleuses, son unité cantonnée dans les intervalles de la Ligne Maginot.

"J'ai failli, en octobre 39, encourir une punition de quatre jours d'arrêts simples pour avoir ouvert le feu sur un avion de reconnaissance allemand, qui nous survolait à moins de trois cents mètres d'altitude, sans avoir reçu l'ordre de tirer.”
André MATHIEU
Notes personnelles

  Après avoir été instructeur auprès des jeunes classes au départ des Tirailleurs Tunisiens à Montélimar, il est détaché, le 20 décembre, toujours en qualité d'instructeur, au Peloton des Élèves aspirants, à Lyon.

  Sa mission terminée, le 10 mai, il se trouve empêché de rejoindre son régiment: "La percée de la Meuse" engagée par la Wehrmacht a contraint le 24e, à l'instar des autres unités, à retraiter. Après avoir livré combat, subissant de très lourdes pertes et dans l'incapacité de rompre l'encerclement ennemi, le régiment sera fait prisonnier. Deux camarades de Promo, appartenant comme lui au 24e, sont tombés à leur poste de combat dans les grandes forêts des Ardennes, les sous-lieutenants Jacques Lacourt et Marc Vaissié.

"J'ai avec plusieurs camarades de mon âge et de mon grade (sous-lieutenant) critiqué amèrement le commandement qui n'avait pas su mettre à profit 8 mois de “stationnement en défense” pour se renseigner sur les intentions et les possibilités d'un ennemi, qui devaient être connues par les chefs responsables.”
André MATHIEU
 Notes personnelles

1940

  Comme l'a rapporté Titre-Live: "Vae Victis!"

  La défaite militaire fut certes cuisante, les conséquences catastrophiques pour notre pays, les erreurs de commandement indiscutables... Mais des voix s'élèvent depuis quelques années qui font justice de cette légende noire selon laquelle, face à la supériorité de l'ennemi, nos soldats et leurs officiers auraient refusé le combat.
À l'instar d'autres historiens, le général Beauffre a rétabli la vérité: "Dieu sait si l'on répète en France, et Churchill après nous, que les Français ne voulaient plus se battre, mais c'était faux et cruellement injuste; l'armée française a perdu en mai et juin 1940 près de 105000 morts et disparus et plus de 120000 blessés pour environ 1 mois de combats."
 Un récent ouvrage de Dominique Lormier intitulé Comme des lions–Mai-juin 1940 vient à point rappeler les faits d'armes de cette “première résistance” à laquelle les troupes françaises ont participé, jusqu'au sacrifice ultime.

 

  Qu'il suffise, pour faire taire les contrevérités inspirées par des arrière-pensées partisanes, d'évoquer les saint-cyriens de la Marne et Verdun.

  Sur un effectif de 391 sous-lieutenants sortis de l'École, 46 tomberont en 38 jours de combats! Pas moins de 100 seront fait prisonniers.“Si certains ont été capturés en paquet après les ordres de reddition de grandes unités ou d'ouvrages comme la Ligne Maginot, bon nombre furent pris au combat, le plus souvent mené au corps à corps”, a pris soin de préciser le général Lagrange, secrétaire de Promotion.

  La Marne et Verdun continuera à payer son tribut jusqu'à la fin du conflit. Ils seront 33 à Mourir Pour la France sur l'ensemble des théâtres d'opérations: Campagne de Syrie, Afrique du Nord, Campagne de Tunisie, Guerre d'Italie, Libération, Résistance. 5 d'entre eux de connaître la déportation et de ne jamais revenir.

  Par le sang versé, les blessures reçues au champ d'honneur, les souffrances acceptées, tous portent témoignage!

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