Campagne de France

1944

  Une autre épopée commence; il débarque à Saint-Tropez, le 4 septembre. Au sein de la 1re Armée Française, la 2e D.I.M. reçoit la mission de flanc-garder les mouvements des unités alliés à l'est, en direction du col de Larche. Placée sous le commandement du général Carpentier, elle sera engagée devant la trouée de Belfort.

Débarquement de l'Infanterie dans lesL.C.I. américains

 

"4.9.44 La mer est un peu moins mauvaise. Sommes en vue des côtes de Corse à 6h du matin. Filons plein Nord sans savoir encore notre point de destination! Qu'importe, c'est la côte française, sommes à 17 heures en vue des côtes de France, côte de Saint-Raphaël, jusqu'à Saint-Tropez. Ce n'est pas sans émotion que nous regardons tous cette France que beaucoup d'entre-nous avons quittée depuis plusieurs années. Tout le long de la côte, des navires à perte de vue. Débarquons à 21h dans la baie de Saint-Tropez.”
André MATHIEU
Carnet de route, T.I

"26.9.44 L'après-midi une vingtaine d'obus de gros calibre tombent au bourg Saint-M[aurice]. Un garage prend feu. Un éclat entre dans ma chambre par le fenêtre. Nous avons eu chaud.”
André MATHIEU
Carnet de route, ibidem

1945

"Le 5e R.T.M., au coude à coude avec les autres régiments de la 1ère Armée Française, n'a parcouru les étapes qui devaient finalement le conduire jusqu'à l'Arlberg qu'au prix d'immenses sacrifices. Modane, Monbéliard, Soppe-le-Bas, Wittelsheim ne sont pour lui des noms de victoire que grâce au courage, à l'opiniâtreté de ses tirailleurs.”
Général de LATTRE de TASSIGNY

Le Rhin : objectif de toutes les unités.

"20.1.45 De 7h15 à 7h55 préparation d'Artillerie, plus de 4000 coups tombent sur la forêt de Monnenbruck. Heure H : 7h55 les 1 et 11/5 collent au barrage et arrivent rapidement aux lisières sud des bois. Dés 8h55, la marche dans le bois commence ; arrivée au PC de 15 prisonniers du 120e R.I. L'après-midi les bataillons marchent et arrivent à la voie ferrée, le 1/5 est un peu en chaos sur la route Cernay-Lutterbach, le Cne Cardonne est blessé ; de nombreuses infiltrations dans les bois.”
André MATHIEU
Carnet de route, T.II

  Le 5e R.T.M. parvient au terme de sa progression et borde le Rhin, le 8 février, à l'issu d'âpres combats livrés dans la "poche de Colmar" où l'infanterie allemande appuyée de chars oppose une résistance des plus farouches. Mettant à profit une rémittence de l'artillerie ennemie sur le village de Blodelsheim situé à 15 km au Nord-Est de Mulhouse, son chef de corps, le colonel Charles Dewatre décide de regagner son PC établi à Munchhouse. Il s'installe à l'avant du véhicule, à côté du chauffeur ; derrière a pris place le lieutenant Mathieu. Après qu'il a essuyé, sur le carrefour central de Blodelsheim, un tir nourri, le command-car atteint la sortie du village et prend la direction de Roggenhouse. Constatant qu'un half-track à moitié calciné est immobilisé sur le bas-côté, le colonel s'enquiert de l'état de la route. On lui confirme qu'elle a été dûment déminée. Un camion G.M.C. n'y circule-t-il pas, au même moment, sans aucun dommage? Aucun incident non plus n'est venu perturber le passage des véhicules d'un bataillon! Autant de raisons (nonobstant les conseils de son lieutenant signalant le caractère périlleux de l'entreprise) qui autorisent le colonel Dewatre à ne pas retarder son retour au PC.

"8.2.45(...)Dés 14h30 nous partons avec le colonel Dewatre en liaison avec le CC3 à Hirtzfelden puis ensuite à Blodelsheim où nous sommes accueillis par un fort matraquage d'artillerie allemande provenant de l'autre côté du Rhin. Pour repartir sur notre nouveau PC qui avait fait mouvement à Munchhouse, nous nous engageons avec le command-car sur la route directe Blodelsheim-Roggenhouse. À deux cents mètres du carrefour, nous sautons sur une mine antichar. Le colonel Dewatre est très grièvement blessé : les deux jambes cassées, un pied arraché et l'arcade sourcilière fendue. Je m'en sors avec presque rien, une bosse au front, quelques traces de brûlures au visage et une forte commotion qui me rend sourd de l'oreille droite. Le chauffeur s'en tire lui aussi, sans une seule égratignure. En somme une chance véritablement inouïe en ce qui me concerne, presque un miracle. C'est la destinée, hélas! Le soir à 22h, j'apprenais que notre pauvre colonel avait succombé, à l'hôpital de Mulhouse, des suites de ses blessures. Triste journée car près du but atteint, puisque nous sommes déjà sur le Rhin, notre chef de corps disparaît.”
André MATHIEU
Carnet de route, T.II.

(Desseins impénétrables de la Providence! Quatres jours plus tôt, en Allemagne, son cousin Camille Mathieu a trouvé la mort avec quelque quatre-vingts compagnons de captivité, suite à une tragique méprise de l'aviation américaine qui a bombardé l'Oflag XB de Nienburg-am- Wieser, où il est prisonnier depuis quatre ans. Il mourut chef de bataillon., grade avec lequel il combattit vaillamment en mai 1940 ; ultime fait d'armes qui lui valut une citation à l'ordre de l'armée, comportant la nomination au grade d'officier de la Légion d'honneur et l'attribution de la croix de guerre avec palme.)

Tombe du colonel Dewatre au cimetière de Soppe-le-Bas.

"Splendide Unité d'attaque, ardente et manœuvrière qui s'est couverte de gloire sur le sol de France et d'Allemagne. (...) Le 15 novembre 1944, le colonel Piatte s'est frayé de haute lutte un passage dans la trouée de Belfort. (...) Le 20 janvier 1945, sous les ordre du colonel Dewatre, a réalisé en forêt de Nonnenbruck la rupture complète du front allemand. Puis poursuivant sans répit son action offensive, a bouté l'Allemand hors du sol d'Alsace.”
Citation de l'Ordre de l'Armée du 5e R.T.M.

  La capitulation militaire et la reddition politique signées par les autorités du IIIe Reich, après quelques semaines de permission à Oujda, via Marseille et Oran, il passe la frontière franco-allemande le 30 mai; débute alors son séjour en occupation, à Bad Oberdorf.

  Le 25 septembre, il est promu au grade de capitaine; il a appris, la veille, qu'il était muté en France, dans un régiment de formation:

    

   Dans l'uniforme de son unité de référence,"... adieux aux camarades de ce cher 5è R.T.M. que je quitte à regret, si beau spécimen de l' "Armée d'Afrique", notera-t-il dans son Carnet de bord au moment de partir.

  C'est le 30 mai qu'il connaît sa nouvelle affectation à Beaulieu-sur-Mer auprès de l'état-major de la 36e D.I., 2è bureau (section instruction).

Beaulieu-sur-Mer, le 2.9.1945.
Beaulieu-sur-mer, 1945

 

Carnets de route.

 

Carnet de route, Tome I, 4.9.1944
Ibidem, 18.9.1944, 19.9.1944 et 20.9.44
Ibidem, 24.9.1944 et 26.9.1944
Carnet de route, Tome II, 11.10.1944
Carnet de route, Tome II, 17.11.1944 et 18.11.1944
Ibidem, 20.11.1944 et 24.11.1944
Ibidem, 28.11.1944
Ibidem, 8.12.1944
Ibidem, 25.12.1944
Ibidem, 14.1.1945, 19.1.1945 et 20.1.1945
Ibidem, 22.1.1945
Ibidem, 27.1.1945
Ibidem, 7.2.1945
Ibidem, 8.2.1945
Ibidem, 10.2.1945
Ibidem, 2.3.1945
Ibidem, 17.4.1945
   

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